Trouver son cabinet

Jeunes psy sympa cherchent bureau à louer

Vous avez fait votre étude de marché, vous avez délimité un périmètre où vous voulez vous installer. Bon et bien maintenant, il faut trouver le cabinet. Comment fait-on concrètement ?

Je vous recense quelques idées. Si vous en avez trouvé d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part dans vos commentaires.

-       Le bouche-à-oreille : n’hésitez pas à parler autour de vous de vos recherches. Vous tomberez peut-être sur quelqu’un qui a entendu que quelqu’un avait un bureau à louer…

-       Les agences immobilières. J’ai visité quelques beaux bureaux par des agences, mais j’avoue que les frais m’ont un peu refroidie… à vous de voir.

-       Les petites annonces des particuliers. J’ai moi-même trouvé mon bureau comme ça.

-       Les annonces sur les sites médicaux, paramédicaux, psycho… On trouve quelquefois des opportunités sur ces sites. Notamment des paramédicaux qui cherchent à partager leur bureau.

-       La mairie. C’est peut-être même par là qu’il faudrait commencer. Ils peuvent avoir des locaux à louer ou connaître des cabinets à louer. C’est aussi à la mairie que l’on peut trouver des bureaux à louer dans une maison médicale. Ça peut être intéressant.

-       Prospectez les professionnels de santé. Certains n’occupent pas leur bureau toute la semaine et seraient ravis de vous sous-louer quelques demi-journées. Pour débuter, ç’est une solution économique. Vous n’aurez pas de mobilier à acheter et vous ne payerez pas beaucoup de loyer.

-       Dans le même ordre d’idée, vous pouvez aussi louer un bureau à l’heure. Ça se fait dans certaines grandes villes. Vous ne payez que ce que vous consommez si je puis dire !

Vous pouvez aussi décider de vous installer chez-vous et là, c’est tout trouvé !

L’étude de marché

Psy des villes ou psy des champs ?

Après la décision prise de s’installer en libéral, vient le temps de choisir son lieu d’implantation. Centre ville, périphérie, zone rurale ? Comment choisir ?

Déjà, il y a le choix de la distance par rapport à son domicile. Il faut savoir qu’au début, vous n’aurez que peu de patients, quelquefois un seul dans la journée ou deux mais un le matin et l’autre en fin d’après-midi. Si votre cabinet est à 40 km de votre domicile, vous aurez vite fait de dépenser votre maigre revenu en frais d’essence, sans compter le temps passé dans votre voiture…

Mais d’un autre coté, ça peut permettre de choisir une ville avec plus de possibilité d’installation ou une zone donnant des avantages fiscaux comme les ZFU, ZRR (zone franche urbaine, zones de revitalisation rurale… ). Vous trouverez tous les renseignements sur ces zones dans votre CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie)

Vous pouvez aussi choisir de rester chez vous et de faire votre cabinet à votre domicile.

Comment savoir si votre choix d’implantation est le bon ?

Nous en arrivons à notre étude de marché. Ça paraît un peu rébarbatif, mais ce n’est pas si compliqué.

Mais qu’est-ce donc ?

L’étude de marché consiste à collecter des informations sur le marché. Il s’agit de savoir s’il y a, dans la zone choisie, suffisamment de clients potentiels pour assurer la pérennité d’un cabinet. Une étude de marché, même succincte peut vous être utile.

Pour faire votre étude de marché vous aurez besoin :

  1. Du nombre de psychologues en libéral dans votre zone d’activité et éventuellement du nombre de psy – truc : psychiatre, psychothérapeute, praticiens-machins-thérapeutes, etc
  2. De l’environnement institutionnel : CMP, hôpitaux, associations proposant des suivis psy…
  3. De données sur la population locale : nombre, âges, catégories socioprofessionnelles… et des conditions économiques locales : emploi, revenu moyen de la population…
  4. L’accessibilité du lieu : transports en commun, parking…
  5. De l’avis des professionnels qui peuvent avoir besoin d’un psy dans leur carnet d’adresse

Rentrons donc dans le vif du sujet

1. D’abord, étudions la concurrence

Pour compter le nombre de psy, le plus simple se révèle être les Pages jaunes. Vous additionnez les psychologues et psychanalystes. Vous pouvez aussi ajouter les psychiatres et les psychothérapeutes.

Il faut faire attention aux doublons, certains psys sont inscrits sous plusieurs rubriques.

Une fois qu’on a un chiffre, on divise par le nombre d’habitants et on a un ratio psy/habitant. Attention, ne comptez pas seulement les psy de la ville choisie, mais de la zone d’influence qui englobe les habitants des 20 à 30 km aux allentours de la ville ou du village. Pour connaître la population de la zone d’influence et ses caractéristiques, il existe un outil de l’insee : odil.

Bon, c’est pas le tout, mais maintenant qu’on a ce ratio psy/habitant, qu’est-ce qu’on en fait ? Comment sait-on qu’il y a trop ou pas assez de psy par habitant ?

Alors là, c’est plus coton. Autant, il existe pléthore d’études et de statistiques sur les psychiatres, autant il est extrêmement difficile de trouver des chiffres sur les psychologues.

Les chiffres les plus récents que j’ai trouvé viennent d’un rapport de 2010 (Dotation des secteurs psychiatriques en perspective avec le recours à la médecine générale et à la psychiatrie libérale d’île-de-France. Magali Coldefy, Philippe Le Fur, Véronique Lucas-Gabrielli, Julien Mousquès -  Irdes – Novembre 2010) que vous pourrez trouver sur le site de l’Irdes ici

Si vous avez la flemme de lire le rapport (ce que je conçois aisément), je vous donne ci-dessous l’extrait qui nous intéresse pour notre étude de marché :

« Concernant l’offre libérale, une recherche dans les pages jaunes de l’annuaire téléphonique retrouve 7 092 psychologues5, soit une densité de 11,4 psychologues libéraux pour 100 000 habitants pour la France entière. Cette densité varie dans un rapport de 1 à 5 entre la région la moins bien dotée (la Basse-Normandie, avec seulement 50 psychologues recensés dans les pages jaunes) et les trois régions les mieux pourvues à savoir Midi-Pyrénées, île-de-France et Rhône-Alpes. Ce chiffre est confirmé par le Syndicat national des psychologues qui compte, en se référant aux cotisants à la caisse vieillesse, environ 7 000 psychologues exerçant en libéral (activité unique ou mixte). »

Selon ce rapport, ça nous fait un psychologue en libéral pour 8772 habitants (de la zone d’influence, je le rappelle et pas de la ville choisie…)

Bon, ça nous donne une idée.  Pour ma part, ce simple petit recensement sur les pages jaunes, m’a permis de voir qu’il n’y avait pas grand monde dans ma zone (proche de 1 pour 10 000 habitants), peu de psychiatre, et peu d’institution. Donc, jusque-là, tout va bien pour le choix de mon lieu d’implantation.

Évidemment, si vous avez une spécialité, vous pouvez augmenter ce ratio, ou même ne faire que le compte des professionnels ayant la même spécialité.

2. Il faut aussi tenir compte des institutions existantes dans la zone. Recensez les Centres Médico Psychologiques, les Hôpitaux spécialisés, etc… S’il n’y en a pas, cela pourra augmenter votre potentiel de patient. S’il y en a, notez leurs coordonnées pour en faire d’éventuels partenaires !

3. Quelles sont les caractéristiques de la population ?

Suivant votre spécialité, vous allez peut-être viser une population particulière. Par exemple, si vous exercez en périnatalité, vous avez besoin de savoir s’il y a beaucoup de naissances dans votre région et une population plutôt jeune. Il faut aussi qu’ils aient des revenus suffisants pour consulter un psychologue sans être remboursé. Vous trouvez tous ces éléments sur l’INSEE avec ODIL précédemment cité.

4. Quelle est l’accessibilité du lieu ?

Demandez-vous si les patients pourront se rendre facilement à votre cabinet. Est-ce qu’il y a des transports en communs ? Est-ce qu’il est facile de se garer ?

Ce sont des données que l’on oublie parfois. Mais si les patients doivent tourner en voiture pendant une heure avant de trouver une place de parking payant, ils n’auront peut-être pas très envie de venir.

Regardez aussi si le lieu est accessible aux personnes à mobilité réduite. C’est une obligation pour tout lieu qui reçoit du public : Arrêté du 1 août 2006

5. Questionner les autres professionnels

Vous pouvez aussi questionner les professionnels de santé susceptibles de travailler avec vous (médecins, orthophonistes, infirmiers….). Pour cela, il vous faut prendre votre courage à deux mains, l’annuaire dans l’autre (comment ça, vous n’avez pas trois mains ???) et appeler pour connaître leur avis sur votre installation. Ça permet aussi de les informer sur votre existence avant de leur envoyer un courrier quand vous serez réellement installé.

Personnellement, je n’ai lâchement questionné que ceux que je connaissais. Ils m’ont tous dit qu’il n’y avait pas assez de psychologue dans la ville et qu’ils m’enverraient du monde. Je n’ai eu qu’une seule personne en 1 an envoyée par un médecin contacté… Je ne suis pas sûr du tout du bien fondé de ces contacts…

J’ai peut-être oublié des choses. N’hésitez pas à me faire part de vos idées et expériences !

Psylib le retour

Boooon beeen après un an sans rien écrire, y s’rait peut êt’ tant que je m’y remette.

La vie de psy en libéral n’est pas de tout repos. J’ai eu beaucoup de travail. Entendons nous bien, j’ai bien dit beaucoup de travail, pas beaucoup de patients !

Je ne me plains pas ceci-dit. J’arrive à payer mes charges… Quand à pouvoir me payer à manger, je verrai peut être ça l’année prochaine. Vous êtes prévenu au moins : on ne prévoit pas de s’installer comme psychologue si on a pas des économies pour tenir au moins 1 an, ou un conjoint qui assure le quotidien, ou encore un emploi salarié à coté.

A coté de ça le travail est passionnant. Je vous en parlerai peut-être un de ces jours.

à bientôt (si, si c’est promis, je reviens dans la semaine pour vous parler de l’étude de marché)

Psylib

De la motivation

Rock Climberphoto © 2008 Chuck Coker | more info (via: Wylio)

C’est ce qu’il vous faut avant tout pour entamer le périple de l’installation en libérale. Ci-dessous quelques questions à se poser avant de se lancer à corps perdu dans l’aventure.

1. Est-ce que j’ai assez de moyens financiers pour vivre sans le libéral (et en payant le loyer du cabinet et les charges afférentes).
Ça veut dire avoir un conjoint qui peut assurer le quotidien, avoir un emploi salarié à côté, avoir des économies, avoir des allocations chômage ou être une riche héritière (dans ce cas là, vous pouvez sauter le questionnaire et  attendre l’article sur la déco du cabinet)

2. Combien de temps maxi, je peux tenir sans me verser de salaire ?

Sachez qu’il faut en moyenne 3 ans pour qu’un cabinet de psychologue soit rentable. Si vous avez moins d’un an d’autonomie financière, votre projet est très très risqué. D’autant plus que les premiers mois seront peut être (et même certainement) déficitaires. Nous verrons dans un prochain article les besoins financiers de la première année d’exercice et le plan de financement sur 3 ans.

3. Est-ce que j’ai assez d’expérience pour assumer des patients seul(e) ?

Même avec une supervision, sans une équipe pour vous soutenir, il faut être solide. Il est toujours possible de s’installer dès le diplôme en poche. Mais dans ce cas, prévoyez des rencontres avec d’autres professionnels avec lesquels vous pourrez partager : groupes de travail, formations…

4. Est-ce que je saurai quoi faire en attendant les patients ?

Au début, sauf démarrage fulgurant, vous aurez du temps libre. Plutôt que de guetter une hypothétique sonnerie de téléphone, occupez votre temps à  vous former, lire, vous faire connaître auprès des professionnels de votre zone d’activité.

5. Est-ce que je suis capable de me satisfaire d’un salaire juste un peu supérieur au SMIC pour faire mon métier de psychologue ?

L’UNASA (Union Nationale d’Associations de Gestion Agréées) donne un bénéfice net de 15812 euros en moyenne pour l’année 2007 pour les psychologues en libéral. Vous pouvez voirdes statistiques plus détaillées. Ils ont aussi un guide d’installation en libéral très bien fait. Ceci dit, ce n’est qu’une moyenne…

Vous avez répondu OUI à une majorité de questions ? Bravo, vous avez gagné le droit d’aller à l’étape suivante : l’étude de marché.

Désir de psy

Eh bien voilà, vous êtes psychologue en institution depuis plusieurs années et vous avez envie de changement ou vous êtes  une jeune psy diplômée (ou un jeune psy, la profession étant en majorité féminine, je prends le genre majeur donc féminin… ) qui en a marre du chômage et des portes claquées au nez, ou encore vous avez une temps très très partiel et vous avez pensé à une activité complémentaire.

 Quelle que soit la raison l’envie vous vient de vous installer en libéral. Et là, euh… comment dire ? Vous avez l’impression du parcours du combattant pour trouver des infos fiables sur l’installation. Vous lisez les forums de psy en long et en large, vous demandez aux psys installés qui vous regardent souvent comme des concurrents potentiels et qui ne vous accueillent pas toujours bien, vous allez voir les conseillers Pôle Emploi qui vous regardent comme une extraterrestre : « vous installer en psychologue libéral ? Vous êtes sûr ?? Renseignez-vous bien sur la faisabilité de votre projet ! »

Se renseigner, on veut bien mais où, comment ? Le doute vous vient. Est-ce que c’est une si bonne idée que ça ?

Pour ma part, je pense que oui et je vous propose de me suivre dans mon périple de l’installation en libéral. Je compilerai ici les infos que je trouverai et vous ferai partager mon expérience. J’espère que ce blog deviendra une ressource pour tous les psychologues désirant ouvrir un cabinet et s’enrichira d’expériences diverses et variées.